Collection Smallpaper

Une collection de livres photographiques

 

• Smallpaper est une collection de livres photographiques. 48 à 64 pages offertes à un auteur.  La volonté est de croiser ou de confronter les regards, les sujets, les écritures photographiques, avec un binôme constitué sciemment.

 

• Smallpaper propose de publier des séries courtes et inédites, parfois recomposées pour l’occasion. Série datant de quelques années laissées dans un tiroir, démarrage ou mi-parcours d’un projet au long cours, mais aussi projet non commencé. Smallpaper ose programmer un travaille commande, comme c’est le cas pour Andrea Mantovani et Guillaume Herbaut. Smallpaper fait donc un pari, et mise sur l’unique volonté de suivre et d’accompagner ses auteurs, choisis sur un critère “affectif “ assumé :

aimer le sujet, aimer l’écriture photographique, aimer le dialogue et la rencontre, aimer rencontrer ces photographes, offrant ainsi une programmation hétérogène et riche en possibilités.

 

• Chaque livre est un “pont” vers le suivant. Chaque photographe peut proposer un binôme, suggérer un préfacier, ou se laisser surprendre par nos propositions de mise en regard.

 

• Smallpaper cherche le questionnement et l’éclectisme.

 

• Le nom de cette collection est un tendre clin d’œil au texte de Serge Gainsbourg, les ptits papiers.

 

 



Taswira, Romain Laurendeau / Smallpaper N°6

Parution en novembre 2018, en précommande en nous écrivant sur photopaper@icloud.com

Ce jour-là, le train était bondé entre Alger et Blida. Pourtant, j’y faisais peu attention, trop occupé à scruter le paysage qui défilait sous mes yeux. C’était la première fois que je prenais le train en Algérie, une occasion de découvrir de nouveaux lieux et paysages. Les champs et les maisons aux murs décrépits se succédaient à vitesse régulière. À peine observés, et déjà remplacés. Puis vint ce pont. Un de plus, à première vue. Pourtant, cette fois-ci, ce fut différent. R.L.

 

Taswira, c’est l’histoire d’un appel. Mais surtout de la réponse qu’on peut lui offrir, malgré le doute, malgré l’angoisse. 

 

 

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Descriptif technique 

ISBN : 978-2-9558659-8-9

Prix : 14  euros

64 pages / Format 150 x 210 mm

Couverture souple, dos carré cousu / Impression quadrichromie

 

Vendu dans une enveloppe japonaise.

 

 



Mexican Morgues, Sébastien Van Malleghem / Smallpaper N°5

Parution en novembre 2018, en précommande en nous écrivant sur photopaper@icloud.com

Quand je suis sorti de l’avion à Mexico City, je me souviens avoir eu l’impression de respirer l’antre d’un cendrier à plein poumons, tant l’air de la capitale était chaud, moite et pollué. Luiz, mon guide et traducteur, était venus me chercher à l’aéroport,
et à peine arrivé, il m’emmenait voir un match de catch mexicain, à mon grand désespoir. Impossible de rentrer à l’intérieur sans déposer mes boitiers dans un casier à peine sécurisé. Hors de question. Et j’avoue que je désirais aller directement dans le vif du sujet qui m’attendait. Luis changea de voiture, en ayant soin de choisir la plus pourrie possible afin ne pas attirer les regards du quartier mal famé de Colonia Doctores, où se situait la principale morgue que j’allais photographier. S.VM.  

 

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Descriptif technique 

ISBN : 978-2-9558659-7-2

Prix : 14  euros

64 pages / Format 150 x 210 mm

Couverture souple, dos carré cousu / Impression N.B.

 

 

Vendu dans une enveloppe japonaise.

 



Larissa, Guillaume Herbaut / Smallpaper N°3

En réassort

Valery était en face de moi. Il me regardait. L’appareil photo à quelques centimètres de son visage. C’était en 2010. J’étais à Poliske, à cinquante kilomètres de la centrale de Tchernobyl, dans la zone interdite. Poliske, une ville de 11 000 habitants évacués 6 ans après la catastrophe.

La fin du monde. Les rues sans vie. Le radiomètre qui crépite sur les plaques contaminées. Des meutes de chiens errants. Des silhouettes inquiétantes dans les broussailles. Le bruit des marteaux de Stalkers déchirant le métal des maisons abandonnées. Et puis, au loin, J’avais vu Larissa, traînant sa carriole. Larissa, fine, brune, le visage marqué. Elle vivait ici avec une dizaine d’habitants, pour la plupart des personnes âgées.

Avant, Larissa logeait dans le centre, dans un immeuble. Elle était employée pour la mairie. Après la catastrophe, elle avait aider les habitants à quitter la ville, mais elle, elle avait choisi de rester. Pourquoi partir d’ailleurs ? Pour aller où ? À Kiev ? Et rejoindre la file des sans-emplois ?

Non. Rester. Trouver une maison en bois. Revenir au temps de la cueillette. Aller chercher son eau à la fontaine. Vendre du métal. Et, avec les quelques grivnas, acheter des cigarettes à l’épicerie ambulante. La zone de Tchernobyl est un cauchemar. Elle est aussi un refuge. G.H.

 

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Descriptif technique 

ISBN : 978-2-9558659-5-8

Prix : 14  euros

64 pages / Format 150 x 210 mm

Couverture souple, dos carré cousu / Impression quadrichromie

 

 

Vendu dans une enveloppe japonaise.

 

 



Bialowieza forest, Andrea Olga Mantovani / Smallpaper N°4

En réassort

Quelque part loin du tumulte des hommes, dans les plaines de la Pologne orientale, la forêt embrasse du regard les frontières de la Biélorussie. Entrez dans la forêt la plus large et la plus ancienne d’Europe, coupée du temps, espace mystérieux, magique et fascinant que la furie des hommes et leurs sortilèges modernes avaient jusqu’alors épargnées.
Comme moi, vous y trouverez je l’espère, au détour de ses méandres majestueux puis au contact de l’humanité hétéroclite qui l’habite, les questions essentielles sur ce lien ambivalent entre homme et nature, sur le sens du mot désobéissance. Des questions et peut être quelques prémisses de réponses.
 A.M.  

 

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Descriptif technique 

ISBN : 978-2-9558659-6-5

Prix : 14  euros

64 pages / Format 150 x 210 mm

Couverture souple, dos carré cousu / Impression quadrichromie

 

 

Vendu dans une enveloppe japonaise.

 



Lardon Ier, Corentin Fohlen / Smallpaper N°1

Sold out - Nouvelle édition prévue en décembre 2018

Descriptif technique 

ISBN : 978-2-9558659-2-7

Prix : 12  euros

48 pages / Format 150 x 210 mm

Couverture souple, dos carré cousu / Impression quadrichromie

Vendu dans une enveloppe japonaise.


Comment faire pour occuper son temps de congé paternité quand on est un photographe aguerri et d’ordinaire en mouvement perpétuel ? Un tissu noir pour fond photo, les réseaux sociaux pour diffusion, et Lardon Ier devient un sujet photographique de société : quel est cet enfant-roi perturbateur ? Dois-je l’idolâtrer ou rire avec lui du monde qui l’entoure ? Puis-je me moquer avec bienveillance de cet inconnu qui s’impose dans ma vie ? Mais en regardant bien, c’est la relation entre un père et son fils qui prend corps devant nous, et nous émeut.

 

« 19  avril : un enfant débarque dans ma vie de reporter photographe. Moi qui ne jure que par ma liberté d’aller et venir, de prendre le premier avion pour l’autre bout du globe, de répondre à la commande de dernière minute d’un journal, me voilà cantonné aux couches, biberons, et nuits blanches. Un photographe le cul posé inutilement derrière son bureau, à jeter de temps à autre un œil sur ses mails à jalouser les voyages des confrères, et l’autre sur son fiston vautré lascivement sur le canapé-lit derrière lui : voici comment se sont déroulés les premiers jours de mon congé paternité. Et puis, en tant que nouveau père photographe, je me suis intéressé à la représentation du nourrisson : d’abord ce que je voyais posté naïvement sur les réseaux sociaux, puis ce que certains photographes avaient réalisé. Entre les niaiseries mielleuses d’Anne Geddes et les horribles captures pixélisées de bébés moches faites par la nièce machin ou l’oncle truc, j’ai voulu moi aussi exhiber mon lardon. Lardon ? j’aurai pu dire Morveux, mais le rapport à la charcuterie fonctionnait mieux eut égard aux bourrelets de ma progéniture.

Placé sur ce canapé-lit, un drap noir satiné faisant office de fond photo - à l’opposé du blanc crème des séances chez le photographe de quartier - je me suis lancé presque quotidiennement à une série de délires avec mon fils. Parfois en lien avec l’actualité, souvent en résonance avec mes convictions profondes sur l’éducation, la vie, l’engagement politique ou social… mais toujours en m’amusant avec mon fils. Sans contrainte - ou presque ! Au-delà du ridicule, du risible, du grinçant, c’est à la construction d’une relation unique entre un père et un fils que se joue cette série, et à la déconstruction du mythe de l’enfant-roi. »

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Une existence douce, Tristan Popescu / Smallpaper N°2

Découvert dans son lycée par Patrice Terraz, en résidence au festival de l’Œil urbain en 2016 à Corbeil-Essonnes, Tristan Popescu est un photographe de 20 ans, débordant d’une folle énergie. Tout photographier, comme le fait Corentin Fohlen. Librement, au flash, comme il l’entend…

 

« Une Existence Douce, c’est ce à quoi j’aspirais quand j’ai commencé à aller en club. C’est très égoïste, et le point de départ des photos l’est aussi. Je voulais photographier mes copains, pour moi, un peu pour eux, et pour la postérité. La douceur, je l’ai d’abord trouvée à la sortie des clubs, dans le Paris matinal, après le vacarme et les stroboscopes de la nuit. Et j’ai commencé à chercher les contrastes.

Cette Existence Douce, j’ai fini par la trouver dans les soirées qui constituent le cœur de ces photographies. La démarche s’est faite moins personnelle, la douceur des autres si beaux quand ils dansent, quand ils cherchent leur place, pour finalement savoir que chacun y a droit dans la pénombre. Finalement je me suis demandé si tout le monde ici n’aspirait pas à cette existence douce tout autant que moi. Je n’ai apporté que peu de réponses à ce que je cherchais à l’origine.

J’ai écrit ce texte dans l’intersommeil, à des heures où d’habitude je suis en train de danser, et c’est cette même sensation que je ressens à côté des enceintes. Se sentir lentement partir. J’ai souvent fini par ranger l’appareil et m’abandonner à la piste. Alors il faut voir, par ces photos, comme vous étiez beaux, brutaux et déchaînés. Il faut vivre cet abandon. Vivre cette existence. »

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Based on a true Story, Arno Brignon

La réflexion sur le « territoire » est intimement liée à la notion de patrimoine. Mais plus tenue encore, à la notion d’héritage : que m’ont légué mes racines, si profondément ancrées sous terre ? Puis-je adopter cette terre que je décide d’explorer ? Et mon empreinte la transformera-t-elle en retour… ?

 

C’est dans un curieux voyage, et avec cette question en suspens, que nous invite Arno Brignon.

 

Based on a true story - basé sur une histoire vraie - est un travail réalisé dans le cadre d’une résidence photographique. Presque sous contrainte, presque avec douleur : deux mois sur place, loin de tout et surtout des siens, dans une région isolée où le mythe fait loi, quasi inconnue, quasi hostile. Il fait de sa technique - le sténopé - et de sa recherche d’archives photographiques sur ce territoire un moyen d’apprivoiser chaque rencontre. Mais ce n’est qu’un support. Il prend les gens au piège, les fixant pour une nouvelle éternité, nous permettant de découvrir un monde sensible, étrange, mélancolique – nostalgique ? - qui nous rappelle les contes de notre enfance. Ici, les bois sont hantés… nous dit Arno Brignon dans le texte qui relate en temps réel un road trip immobile : les villageois dansent autour du feu, le chasseur n’est pas loin, l’ogre nous épie, la chèvre échappe au loup, le petit poucet tente de sortir de cette forêt, et son petit chaperon est bleu… Car c’est bien de l’enfance dont nous parle Arno Brignon, avec une tendresse infinie, car elles sont là, nos racines, il est là, notre territoire, dans cette enfance que nous ne pourrions voir sans lui. Peu importe d’où nous venons et peu importe où nous sommes…

 

Une fois passé les routes, une fois rencontré ces visages, dégagé les fougères denses, une fois avancé dans la nuit, traversé les collines, nagé dans l’eau fraîche des cascades cachées, une fois m’être perdu dans la forêt, une fois longé ses routes sinueuses et une fois trouvé la clairière… c’est moi que je retrouve… Cet enfant que je suis encore, qui craint que le loup ne le dévore, mais qui sait que les petits cailloux ont été semés…






Bio de l'Auteur /

Arno Brignon est né en 1976 à Paris. Il vit à Toulouse. En 2010, diplômé de l’ETPA (Gd Prix du Jury), il quitte son métier d’éducateur dans les quartier sensibles pour se consacrer entièrement à la photographie.

Il articule son travail entre reportages, recherches personnelles

et enseignement aux Ateliers de Photographie St Cyprien. Il mène également des actions éducatives auprès de différents public et institutions . Il rejoint l’agence Signatures, Maison de photographes en 2013, collabore régulièrement avec la presse Nationale et Internationale et aime travailler en résidence (L'oeil Urbain,

Art visuel en Couserans...). Ces travaux sont exposés en France

(BNF, Le château d'eau, Photomed, Manifesto...) et à l’étranger (Beyrouth, Athènes, Guernesey, Rabat...).

 

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Extrait /

11 décembre 2015. Une semaine que je suis là, les rencontres et rendez-vous avec les associations et structures du territoire avec lesquelles je vais travailler m’occupent toute la journée.

Le Couserans est immense, je passe au moins deux heures par jour sur les routes. À chaque virage, un sentiment d’émerveillement :

la nature est magnifique, variée. J’ai pris mes sténopés pour les tester durant ces quinze jours de reconnaissance. Quelquefois je m’arrête pour faire une photo, mais le rythme des journées est trop soutenu pour avoir le temps de se poser.

Aujourd’hui, je n’ai pas pris de rendez-vous. Je veux aller marcher, rencontrer enfin cettemontagne, cette nature qui m’attire tant.

Il fait étonnamment doux pour un jour de décembre. Je veux aller dans la vallée de Salau, au bout de la route.

Ici, c’est la première chose qui m’a frappé, les routes ont une fin. Volontairement, je ne prends pas le chemin le plus court

pour y arriver...

 

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